Après un exercice 2025 marqué par le recul du neuf et la résistance de l’occasion, les tendances publiées à l’été 2026 font apparaître un redressement partiel du marché neuf, un ralentissement de la seconde main et une forte accélération de l’électrique. Pour les constructeurs, distributeurs, concessionnaires et acteurs des services automobiles, comprendre ces trajectoires suppose désormais de dépasser les tendances nationales pour observer les réalités propres à chaque territoire.
Entre reprise du neuf, ralentissement de l’occasion et accélération de l’électrique
Le bilan de l’année 2025 et les dernières tendances publiées en août 2026 ne décrivent pas un marché automobile uniformément orienté à la hausse ou à la baisse. Ils font apparaître trois trajectoires distinctes : un marché neuf qui amorce un redressement après une année difficile, un marché de l’occasion toujours dominant mais en recul, et une électrification qui s’accélère dans les deux segments.
Le neuf amorce un redressement après une année 2025 difficile

En 2025, 1,63 million de voitures particulières neuves ont été immatriculées en France, soit un recul de -5 % en un an, selon le bilan consolidé de la Plateforme automobile. Le marché est ainsi resté nettement en dessous de ses niveaux d’avant-crise sanitaire. Malgré un léger reflux, les prix moyens sont demeurés élevés et les particuliers se sont davantage tournés vers la location longue durée ou ont reporté le renouvellement de leur véhicule.
Les dernières données publiées par AAA Data (août 2026) font cependant apparaître les premiers signes d’un redressement. Les immatriculations neuves ont progressé de +9 % en juillet, à 126 808 unités. Sur les sept premiers mois de l’année, elles atteignent 983 969 unités, soit une hausse de +3 % par rapport à la même période de 2025.
Cette évolution marque une amélioration par rapport au point bas de 2025, sans signifier pour autant que le marché a retrouvé ses volumes historiques. Elle traduit surtout une reprise progressive, portée de manière très inégale selon les motorisations, les marques et les catégories d’acheteurs.
L’occasion reste centrale, mais ralentit en 2026
Le véhicule d’occasion a confirmé son rôle central en 2025. Près de 5,4 millions de transactions ont été enregistrées, en progression de +0,8 %, soit plus de trois voitures d’occasion vendues pour une voiture neuve. Dans un contexte de prix élevés, il demeure le principal point d’accès à l’automobile pour de nombreux ménages.
La tendance s’inverse toutefois au cours des premiers mois de 2026. En juillet, 469 223 transactions ont été comptabilisées, soit une baisse de -4 % sur un an. Depuis le début de l’année, le marché totalise 3 077 416 transactions, également en recul de -4 %.

L’occasion reste donc très largement majoritaire en volume, mais elle entre dans une phase de ralentissement. La baisse prolongée des immatriculations neuves limite l’arrivée de véhicules récents sur le marché de seconde main, tandis que les contraintes de pouvoir d’achat continuent de peser sur les décisions d’achat. Plus récemment, la hausse des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques dans le Golfe a également pu renforcer l’attentisme autour des véhicules thermiques, encore largement majoritaires sur le marché de l’occasion. Pour les professionnels, l’enjeu consiste à sécuriser les approvisionnements et à adapter les stocks, les financements, les garanties et les services d’entretien aux capacités financières et aux attentes propres à chaque territoire.
L’électrique devient le principal moteur de transformation du marché

La progression de l’électrique constitue la tendance la plus nette. En 2025, les voitures 100 % électriques ont représenté 20 % des immatriculations neuves. En juillet 2026, leur part atteint 35 % du marché neuf, avec 44 378 immatriculations sur le mois.
Sur les sept premiers mois de 2026, 285 938 voitures électriques neuves ont été immatriculées, soit 29 % du marché et une progression de +70 % sur un an. L’élargissement de l’offre, la hausse des prix du carburant, le maintien des aides et le lancement de la nouvelle édition du leasing social le 16 juillet contribuent à cette accélération.
La transition gagne également le marché de seconde main. Alors que les voitures électriques représentaient un peu plus de 3 % des transactions d’occasion en 2025, leur part atteint 5 % en juillet 2026. Avec 22 993 transactions, leurs volumes progressent de +54 % sur un an, malgré le recul de l’ensemble du marché de l’occasion.
Cette dynamique modifie également le paysage concurrentiel. En juillet 2026, les marques chinoises ont totalisé 9 935 immatriculations neuves et atteint 8 % de part de marché, contre seulement 2,6 % en janvier selon le Journal de l’Automobile. Cette percée repose notamment sur les fortes progressions enregistrées par BYD (+267 % sur un an), Xpeng (+185 %) et Leapmotor (+214 %) tandis que MG, déjà mieux implantée, affiche une croissance de +41 %.

L’électrification rapide des ventes ne doit toutefois pas être confondue avec celle de l’ensemble du parc. Au 1er janvier 2025, les voitures électriques ne représentaient encore que 2,9 % des 39,7 millions de voitures en circulation. L’âge moyen du parc atteignait 11,5 ans et 94,5 % des véhicules roulaient encore à l’essence ou au diesel, selon les données nationales du SDES. La transition est donc rapide dans les flux de ventes, mais nécessairement plus progressive dans le parc effectivement présent sur les territoires.
Le vieillissement du parc français apparaît également lorsqu’il est comparé à celui de certains pays voisins. En Belgique, la proportion de véhicules âgés de moins de cinq ans est presque deux fois plus élevée qu’en France. Cet écart traduit un renouvellement plus rapide du parc belge et souligne en France l’importance des enjeux liés à l’occasion, à l’entretien et au remplacement des véhicules les plus anciens.
À l’été 2026, le marché automobile français apparaît ainsi en redressement partiel plutôt qu’en reprise généralisée. Le neuf progresse de nouveau, l’occasion ralentit tout en conservant une place prépondérante et l’électrique gagne rapidement du terrain dans les deux segments.
Derrière le marché national, une mosaïque de marchés locaux
Le marché automobile ne répond pas aux mêmes logiques dans une grande métropole, une ville moyenne, une zone périurbaine ou un territoire rural ou même à l’international. Les besoins de mobilité, les distances parcourues, les contraintes de stationnement et la dépendance à la voiture façonnent des profils de demande très différents.
La structure du parc existant permet notamment de repérer :
- les territoires où les véhicules anciens sont nombreux et où le potentiel de renouvellement peut être plus important ;
- les zones dans lesquelles l’électrique ou l’hybride sont déjà bien implantés ;
- les secteurs caractérisés par une forte présence de véhicules premium ou de luxe ;
- les bassins dans lesquels l’offre commerciale ou les services automobiles peuvent apparaître insuffisants au regard du parc présent.
Ces informations prennent tout leur sens lorsqu’elles sont croisées avec des données sociodémographiques, économiques et commerciales. L’analyse peut alors distinguer un parc vieillissant lié à des contraintes de pouvoir d’achat d’un territoire présentant un réel potentiel de renouvellement, ou encore différencier une faible présence de véhicules électriques résultant d’un retard d’équipement d’une demande locale structurellement moins favorable.
Le Pack Véhicules pour éclairer les stratégies commerciales
Développé par Ciril GROUP, le Pack Véhicules apporte une lecture territoriale détaillée du parc automobile français. Il met à disposition des indicateurs relatifs à l’âge, à la motorisation, à la gamme et au type de véhicule aux échelles communale et infracommunale (IRIS).
Les analyses cartographiques sont accompagnées de fiches d’information enrichies d’indicateurs complémentaires présentant la répartition du parc par carburant et par catégorie Crit’Air, ainsi que les évolutions intervenues entre 2022 et 2025 par commune. Ces informations complètent l’analyse territoriale sans se substituer aux données de ventes ou d’immatriculations : elles permettent de comprendre le parc automobile présent et les transformations déjà à l’œuvre localement.
Le Pack Véhicules peut ainsi contribuer à plusieurs décisions :

Pour un réseau de distribution, l’enjeu n’est donc plus seulement de connaître le nombre de véhicules vendus à l’échelle nationale. Il s’agit de comprendre où se trouvent les différents profils de parc, à quel rythme ils évoluent et comment les rapprocher des caractéristiques de la population et de l’environnement commercial.
Transformer les mutations du marché en opportunités territoriales
Le redressement encore partiel du neuf, le ralentissement de l’occasion, le vieillissement du parc et l’accélération de l’électrification ne constituent pas des phénomènes isolés. Ensemble, ils redessinent les parcours d’achat et les besoins en matière de distribution, de financement et de services automobiles.
Dans un marché devenu plus complexe, la donnée territoriale aide à passer d’un constat général à une stratégie locale : sélectionner les zones à potentiel, ajuster les gammes proposées, mieux répartir l’action commerciale et anticiper les prochaines évolutions du parc.
Avec ses données géomarketing et son Pack Véhicules, Ciril GROUP accompagne les acteurs de l’automobile dans la compréhension de leurs marchés locaux et la transformation de ces informations en décisions directement opérationnelles.
Vous souhaitez évaluer le potentiel automobile de vos territoires ou enrichir vos analyses de marché ? Contactez les équipes Ciril GROUP pour construire une approche adaptée à vos objectifs de développement.
Sources
- Plateforme automobile (PFA) – Marché automobile français, décembre 2025, publication du 1er janvier 2026. Bilan consolidé des immatriculations de voitures particulières neuves.
- AAA Data – Bilan du marché automobile 2025, publication du 1er janvier 2026. Volumes du marché neuf et de l’occasion, évolution des motorisations et éléments relatifs aux prix et aux modes de financement.
- Service des données et études statistiques – 39,7 millions de voitures en circulation en France au 1er janvier 2025, publication du 19 septembre 2025. Taille, âge, motorisations et catégories Crit’Air du parc roulant.
- Avere-France – Baromètre des immatriculations de véhicules électriques, décembre 2025, publication du 9 janvier 2026. Évolution annuelle et mensuelle du marché des véhicules électriques.
- AAA Data – Intelligence Auto n° 91 : évolution des achats par région au premier trimestre 2026, publication du 13 avril 2026. Marchés du neuf et de l’occasion, évolution des motorisations et spécificités régionales.
- AAA Data – Juillet 2026 : l’électrique atteint 35 % du marché neuf, publication du 3 août 2026. Immatriculations neuves, marques chinoises, marché de l’occasion et leasing social.
- Journal de l’Automobile – Les marques chinoises frôlent les 8 % du marché automobile français, publication du 17 août 2026. Évolution de la part de marché des constructeurs chinois et progression des immatriculations par marque entre janvier et juillet 2026.
Les données annuelles portent sur l’année civile 2025. Les données tendancielles couvrent le premier trimestre et le mois de juillet 2026. Les caractéristiques structurelles du parc correspondent à la situation observée au 1er janvier 2025.